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19/10/2011

Droitoscopie d'après primaires

Ils n'en pouvaient plus , ils n'en dormaient plus , ils n'en mangeaient plus , ils voyaient des socialistes partout . Alors dès lundi matin aux aurores ils ont décidé de réagir vivement. Ils n'avaient pas le choix, c'était ça ou une longue analyse Freudienne qui leur coûterait un bras et la location d'un divan collectif. Sauf que si la psychanalyse et la libération de la parole ont des vertus , elles ne guérissent pas de tous les maux . Le_Malade_imaginaire.jpgOr en réalité l'UMP souffre avant tout d' avoir les primaires coincées au fond de la gorge après s'être enrhumé avec une leçon de démocratie moderne. Sommes toutes rien de plus banal qu'un gros rhume politique qui oblige à se moucher beaucoup , très souvent et qui fait surtout beaucoup tousser. Toutefois si le pronostic vital ne paraît pas engagé , il y a tout de même quelques dangers , car comme les arrêtes de poisson ou les os de poulet il peut y avoir un risque d'asphyxie, voire de division cellulaire foudroyante . Face à cette « primairite aiguë  »un bon vieux diagnostic des familles s'impose donc avant tout traitement . Ce n'est en effet qu'une droitoscopie pratiquée dans les règles de l'art qui permets d’identifier les virus , les microbes malicieux et autres staphylocoques responsables. Sauf que pour cette pathologie pas besoin de microscope car l'observation à l’œil nu suffit amplement, nul besoin d’analyse poussée pour voir que le véritable malade c'est la France après cinq ans de Présidence Sarkozy . C'est pourquoi après un cocktail viral d'injustice sociale inoculé en permanence, les français ont une réaction épidermique naturelle de survie . D'ailleurs selon un examen clinique sondagier du CSA François Hollande l'emporterait par 62 % contre 38 % pour Nicolas Sarkozy dans l'hypothèse d'un second tour juste après les primaires. A six mois de l’élection Présidentielle , la partie est loin d'être jouée mais c'est tout de même un indicateur . En effet s'il est difficile d'apprécier si Nicolas Sarkozy aura été un président véritablement bien élu , il paraît vraisemblable qu'il sera un président bien sorti .

Téléchargez le sondage csa d'aprés  primaire publié par le Monde

06/10/2011

Il n'y a pas photo c'est Hollande

S'il y avait encore besoin d'une confirmation, et ce n'est pas le cas, le dernier débat télévisé a confirmé la position de François Hollande . françois hollande,béziers,primaires,présidentielleIl était pourtant attendu en embuscade par Martine Aubry et Segolène Royal qui ont tenté notamment de le déstabiliser en mettant en doute ses propositions ambitieuses pour l'éducation nationale. Peut être n'avaient elles pas bien compris les chiffres et la pertinence de la démarche ? Heureusement François Hollande très pédagogue leur a à nouveau expliqué l'objectif prioritaire qu'est la prise en compte de la jeunesse ainsi que le financement de ces mesures.

Puis malgré un accord sur le fond et sur l'analyse , un clivage est toutefois plus nettement apparu quant aux moyens à mettre en œuvre. En effet pour Martine Aubry, Arnaud Montebourg et Ségolène Royal nombre de problèmes trouvent leur solution dans la promulgation de lois coercitives et d'interdictions de toute natures. S'il est effectivement exact qu'il est du rôle de l'état de définir une politique claire et d'encadrer les dérives au nom de l'intérêt général et du bien commun, l'état ne peut pas tout. Tenter de faire croire aux citoyens qu'il suffit de légiférer pour régler toutes les questions est tout simplement assez limite. On a d'ailleurs bien vu les résultats médiocres des « lois slogans » de type « travailler plus pour gagner plus ». Apprenons à nous méfier de toutes les solutions miracles et des grands « yakafaucon » de tous bords . La relance et la modernisation de l'économie, par exemple, sont des systèmes complexes qui nécessitent une réflexion de fond , une articulation de mesures et de la négociation avec l'ensemble des partenaires sociaux. Effectivement le fait qu'une entreprise  licencie alors qu'elle fait des bénéfices est véritablement scandaleux. C'est des vies qui sont brisées au nom de quelques uns qui sont de plus en plus gourmands et qui se nourrissent des autres. C'est aussi toute la collectivité qui paye . Sauf qu' interdire les licenciements même pour les entreprises qui font des bénéfices n'est tout simplement pas possible et puis cela ne servirait à rien. D'abord parce que nous sommes dans une économie mondialisée et qu'une entreprise peut s'installer à son grès dans nombre de pays, puis parce que le nerf de la guerre d'une entreprise c'est son carnet de commande . L'hypothèse extrême de Martine Aubry de la saisie de l'outil de travail ou de la nomination d'un administrateur est donc carrément  farfelue . Ce n'est pas parce que l'on reprend une entreprise que l'on est assuré de reprendre sa clientèle , ni d'ailleurs son savoir faire et encore moins sa notoriété. Comment seront payés les salariés d'une « entreprise tutellisée » qui ne vendra rien ? Donc arrêtons de faire vivre la vieille chimère de la reprise systématique de l'entreprise par les salariés et de la mise en œuvre d'une gestion coopérative . Cela reste possible et doit être favorisé par exemple dans le cas de PME en difficulté , mais ne constitue pas une généralité . François Hollande qui a bien compris le contexte général propose des mesures adaptées visant à encadrer les dérives et à promouvoir une croissance économique partagée . Face aux licenciements injustifiés il propose d'alourdir sérieusement les sanctions financières . Ce n'est pas une annonce aussi spectaculaire qu'une interdiction impossible à mettre en œuvre et contraire au droit international mais c'est sans nul doute une mesure qui amènera à réfléchir à deux fois les entreprises indélicates et en tout état de cause à les contraindre à assumer le cout financier et social. Des conditions strictes d'éligibilité à des aides ou d'accès aux marchés publics sont aussi des moyens d'actions de l'état.

 

 

Sur ce sujet particulièrement sensible, comme sur les autres questions , François Hollande a fait le choix de ne pas raconter d'histoires aux français . Son programme et ses propositions sont claires et cohérentes. Dans le débat télévisé d'hier comme depuis le début de son engagement dans le processus des primaires citoyennes François Hollande développe un programme d'avenir pour une France rassemblée autour de la justice sociale , du progrès, de l’innovation et de la liberté .

 

26/09/2011

Le Sénat précurseur du changement

C’est historique,  pour la première fois depuis 1958, le Sénat réputé conservateur a basculé à gauche . Il est vrai   que la 5ème République n’a jamais été aussi mise à mal que sous la Présidence de Nicolas Sarkozy. Les français sont de plus en plus  insatisfaits de la politique de l’actuel Président de la république , sénat,élection,sarkozy,présidentielle,gauchedans la même lignée  les grands électeurs ont exprimé leur désaccord. Malgré ce, Jean François Copé, patron de l’UMP, considère que « les grands électeurs  cela ne constitue en rien un désaveu de la politique gouvernementale ». Or c’est justement là que le bât blesse . C’est cette propension à la déconsidération  de tous les acteurs de la démocratie et du  peuple qui constitue la marque de fabrique de la gouvernance Sarkozy et du clan  qui le soutien. Le vote des grands  électeurs lors de l’élection sénatoriale est significatif de la prédominance d’un consensus républicain ,d’un attachement  aux institutions et à la concertation. Il marque aussi une opposition  au  désengagement  croissant de l’état sur les territoires  , au démantèlement  des services publics et  à la réforme territoriale « féodaliste » imposée par les hautes sphères de l’UMP. Pourtant  à sept mois de l’élection Présidentielle , malgré le fossé grandissant qui le sépare des français , la seule volonté intangible qui semble animer Nicolas Sarkozy est la reconstruction de sa nouvelle image de présidentiable, ce qui n’est pas gagné . Ainsi  après la duperie du « travailler plus  »,  le nouveau positionnement stratégique  inventé par ses cabinets marketing est « l’hyper président à stature internationale ». C’est pourquoi  même s’il est vrai que la situation internationale l’exige, à moins qu’il ne  s’agisse  de  voyages d’étude ou de périples initiatiques, il se déplace plus que de raison aux quatre coins de la  planète. Sauf  que le message de rupture qui lui a été adressé hier par les grands électeurs  à travers le basculement du Sénat à gauche doit être entendu . Il n’est pas question de faire de ce scrutin  une élection présidentielle anticipée ni non plus de minimiser sa portée . Toutefois  ce qui est certain c’est que le vote du 25 septembre 2011 exprime bien un  rejet  explicite de la politique de Nicolas Sarkozy et une volonté de changement.  D’ailleurs on  peut raisonnablement  se demander quelle  aurait  été l’ampleur de la défaite de l’actuel gouvernement  si le Sénat avait été renouvelé en totalité.