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06/10/2011

Il n'y a pas photo c'est Hollande

S'il y avait encore besoin d'une confirmation, et ce n'est pas le cas, le dernier débat télévisé a confirmé la position de François Hollande . françois hollande,béziers,primaires,présidentielleIl était pourtant attendu en embuscade par Martine Aubry et Segolène Royal qui ont tenté notamment de le déstabiliser en mettant en doute ses propositions ambitieuses pour l'éducation nationale. Peut être n'avaient elles pas bien compris les chiffres et la pertinence de la démarche ? Heureusement François Hollande très pédagogue leur a à nouveau expliqué l'objectif prioritaire qu'est la prise en compte de la jeunesse ainsi que le financement de ces mesures.

Puis malgré un accord sur le fond et sur l'analyse , un clivage est toutefois plus nettement apparu quant aux moyens à mettre en œuvre. En effet pour Martine Aubry, Arnaud Montebourg et Ségolène Royal nombre de problèmes trouvent leur solution dans la promulgation de lois coercitives et d'interdictions de toute natures. S'il est effectivement exact qu'il est du rôle de l'état de définir une politique claire et d'encadrer les dérives au nom de l'intérêt général et du bien commun, l'état ne peut pas tout. Tenter de faire croire aux citoyens qu'il suffit de légiférer pour régler toutes les questions est tout simplement assez limite. On a d'ailleurs bien vu les résultats médiocres des « lois slogans » de type « travailler plus pour gagner plus ». Apprenons à nous méfier de toutes les solutions miracles et des grands « yakafaucon » de tous bords . La relance et la modernisation de l'économie, par exemple, sont des systèmes complexes qui nécessitent une réflexion de fond , une articulation de mesures et de la négociation avec l'ensemble des partenaires sociaux. Effectivement le fait qu'une entreprise  licencie alors qu'elle fait des bénéfices est véritablement scandaleux. C'est des vies qui sont brisées au nom de quelques uns qui sont de plus en plus gourmands et qui se nourrissent des autres. C'est aussi toute la collectivité qui paye . Sauf qu' interdire les licenciements même pour les entreprises qui font des bénéfices n'est tout simplement pas possible et puis cela ne servirait à rien. D'abord parce que nous sommes dans une économie mondialisée et qu'une entreprise peut s'installer à son grès dans nombre de pays, puis parce que le nerf de la guerre d'une entreprise c'est son carnet de commande . L'hypothèse extrême de Martine Aubry de la saisie de l'outil de travail ou de la nomination d'un administrateur est donc carrément  farfelue . Ce n'est pas parce que l'on reprend une entreprise que l'on est assuré de reprendre sa clientèle , ni d'ailleurs son savoir faire et encore moins sa notoriété. Comment seront payés les salariés d'une « entreprise tutellisée » qui ne vendra rien ? Donc arrêtons de faire vivre la vieille chimère de la reprise systématique de l'entreprise par les salariés et de la mise en œuvre d'une gestion coopérative . Cela reste possible et doit être favorisé par exemple dans le cas de PME en difficulté , mais ne constitue pas une généralité . François Hollande qui a bien compris le contexte général propose des mesures adaptées visant à encadrer les dérives et à promouvoir une croissance économique partagée . Face aux licenciements injustifiés il propose d'alourdir sérieusement les sanctions financières . Ce n'est pas une annonce aussi spectaculaire qu'une interdiction impossible à mettre en œuvre et contraire au droit international mais c'est sans nul doute une mesure qui amènera à réfléchir à deux fois les entreprises indélicates et en tout état de cause à les contraindre à assumer le cout financier et social. Des conditions strictes d'éligibilité à des aides ou d'accès aux marchés publics sont aussi des moyens d'actions de l'état.

 

 

Sur ce sujet particulièrement sensible, comme sur les autres questions , François Hollande a fait le choix de ne pas raconter d'histoires aux français . Son programme et ses propositions sont claires et cohérentes. Dans le débat télévisé d'hier comme depuis le début de son engagement dans le processus des primaires citoyennes François Hollande développe un programme d'avenir pour une France rassemblée autour de la justice sociale , du progrès, de l’innovation et de la liberté .

 

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