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01/10/2011

François Hollande : La véritable dimension présidentielle

Le culte du marketing a cela de faussement rationnel qu'on voudrait nous faire croire qu'il suffirait d'explications pseudo techniques, de démonstrations vaguement scientifiques ou un quelque peu mathématiques pour résoudre tous les problèmes . Ce même si sans se préoccuper du pourquoi on passe souvent directement au comment . françois hollande,primaires,election,sarkozyL'actuel Président , qui a fait campagne publicitaire sous le label « travailler plus » s'inscrit complètement dans ce schéma. Depuis le début de son quinquennat, toujours pressé, il confond dynamisme et précipitation .Ainsi s'agitant beaucoup, écoutant peu et s'attachant exclusivement à la forme , usant de slogans , il est passé d'une loi à l'autre , d'une mesure à une contremesure , pour finalement souvent atteindre la démesure . Sauf qu'à passer du coq à l'âne et inversement , à zapper sans cesse, il a fini par se zapper lui même .Sa méthode superficielle plus soucieuse de l'audimat et des sondages que de l'efficience a été très préjudiciable pour la France et la république. D'ailleurs cela a souvent créé de la polémique et de la discorde mais nombre de vraies questions n'ont pas été réellement traitées et encore moins anticipées. S' il est indéniable que Nicolas Sarkozy porte une part de responsabilité car il a ramené la fonction présidentielle au niveau de l'auto promotion permanente et du bavardage ,il n'en n'est pas moins vrai que le tempo des médias télévisés favorise de moins en moins un traitement distancié . Le second débat télévisé des primaires citoyennes qui a été pourtant exemplaire d'un point de vue démocratique n'a pas en partie échappé à la tendance même si l'exercice expérimental était difficile . En effet la formulation des questions journalistiques et les thèmes qui ont constitué l'ossature du débat induisaient des réponses essentiellement techniques . D'ailleurs c'est la figure imposée bien connue de tous cabinets de recrutement qui consiste à présenter ses premières actions en cas de prise de fonction qui a constitué l'entrée en matière . Puis les différents thèmes qui ont suivi appelaient essentiellement des réponses pratiques. C'est dans ce cadre, que Segolène Royal, Manuel Vals , Arnaud Montebourg, , Martine Aubry , Jean Michel Baylet ont défendu leurs propositions en fonction de leur sensibilité , souvent avec pugnacité en s'appuyant sur une juste analyse. Nombre d'analystes on même vu la les prémices de la constitution d'une solide équipe gouvernementale et de bon ministres potentiels. Malgré ce la fonction présidentielle ne peut se limiter à la production de mesures aussi pertinentes soient elles. Les mesures sont des moyens et non une finalité. Ne pas rentrer systématiquement dans le détail et le débat technique n'est pas synonyme d'imprécision.. La fonction présidentielle implique avant tout une capacité à donner un sens politique , une vision stratégique,une volonté de rassembler l'ensemble des français autour d'un projet d'avenir . C'est cette capacité et cette posture qui se sont dégagées de François Hollande dès le début du débat . Sa réponse à une première question sensée appeler une mesure forte voire un scoop a d'ailleurs été significative . Loin du sensationnel souhaité , il a en premier lieu abordé la nécessité de faire un état réel des ressources de la France et de ses finances après une gestion désastreuse, puis de mettre en œuvre la grande réforme fiscale dans le cadre et avec les institutions de la république et enfin l'importance de remettre les banques dans leur fonctions. Nul besoin de frapper un grand coup,de tailler des plans sur la comète, de faire fi du parlement, de faire du sensationnalisme politique . C'est la sans nul doute une réponse de chef d'état à la hauteur de la fonction qui définit une ligne directrice cohérente préalable . En effet sans savoir combien on a en poche, quelles sont les forces vives de la boutique, sans apport de ressources et sans encadrer ceux qui vont financer la machine aucune politique de changement aussi belle soit elle ne sera possible. Or c'est justement la maitrise de cette posture à la fois pragmatique et résolument tournée vers l'avenir qui a fait défaut à Nicolas Sarkozy qui dévoré par un sentiment permanent de toute puissance, s'est mêlé de tout et de rien , a toujours eu un avis sur tout , a souvent détruit avant de savoir quoi construire , et a finalement mis a mal la France et ses institutions . Dans la tempête la France a besoin d'un capitaine qui sache tenir le cap en tirant le meilleur du navire et de tout son équipage . François Hollande, homme de gauche, résolument engagé pour la justice sociale et la croissance partagée fait partie de ses hommes qui savent voir au delà de l'horizon avec détermination .Lors de ce second débat des primaires citoyennes certains on dit avec quelques regrets qu'il paraissait un peu au dessus, en réalité il était au delà.

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